
412 jours de série sur votre application. La petite flamme s'allume tous les soirs, le compteur annonce 3 000 mots vus. Puis un collègue espagnol vous pose une question banale devant la machine à café, et rien ne sort. Le compteur ne mentait pas : vous avez bien ouvert l'application 412 fois d'affilée. Il ne disait simplement rien de ce que vous saviez faire. Un suivi apprentissage langue qui sert à quelque chose commence là où la série s'arrête : le temps réellement passé, les mots réellement retenus, et le nombre de jours où vous avez travaillé.
Ces trois mesures tiennent dans une ligne notée après chaque session. Elles suffisent à répondre aux deux questions que tout le monde se pose au bout de six mois : est-ce que j'avance, et qu'est-ce qui me freine.
La question est mal posée, et deux semaines identiques le montrent bien. Prenons deux personnes qui étudient exactement 135 minutes dans la semaine.
Sur un relevé de temps total, les deux semaines sont interchangeables. Sur tout le reste, elles n'ont rien à voir. La semaine A laisse six jours d'oubli entre deux contacts avec la langue et une seule occasion de sauter la séance pour tout perdre. La semaine B revient cinq fois, dont une en production orale.
D'où l'intérêt de suivre quatre chiffres au lieu d'un : le temps total de la semaine, le nombre de sessions du mois, la durée moyenne par session et le nombre de jours étudiés dans le mois. Ce dernier compte les jours distincts, pas les sessions : trois séances le même mardi ne font qu'un jour. C'est le chiffre le plus désagréable à regarder, et le seul qui décrive votre régularité réelle.
Le nombre de mots vus pendant vos sessions et le nombre de mots que vous savez réellement utiliser sont deux totaux différents, et l'écart entre les deux est la donnée la plus instructive de tout le suivi.
Un exemple sur deux mois : 240 mots notés au fil des sessions, dont 88 passés au statut « Acquis ». Soit 37 % d'acquisition. Les 152 autres sont quelque part entre « À apprendre » et « En cours ». Le chiffre n'est pas mauvais en soi, mais sa direction dit tout. S'il monte, votre rythme d'ajout est compatible avec votre mémoire. S'il descend mois après mois, vous alimentez une liste, pas un vocabulaire : dix nouveaux mots par session dont trois seulement reviennent un jour, ce n'est pas de l'apprentissage, c'est de la collection.
Le remède tient au recyclage. Un mot avance sur trois statuts — À apprendre, En cours, Acquis — et le nombre de révisions se note à côté. Au bout de quelques semaines, vos propres lignes vous diront combien de passages il vous faut, à vous, pour qu'un mot bascule. Chez la plupart des gens, ce n'est ni un ni deux.
Encore faut-il savoir quoi réviser. Une liste de 300 mots est inexploitable un mardi soir à 21 h. Une liste de douze mots non acquis, ajoutés il y a au moins trois jours, se traite en dix minutes. C'est toute la différence entre un fichier de vocabulaire et une file d'attente de révision : le premier grossit, la seconde se vide.
Notez la compétence travaillée à chaque session — vocabulaire, grammaire, écoute, oral, lecture, écriture — et le bilan du mois devient difficile à contester. Un relevé typique sur 420 minutes : 210 minutes de vocabulaire sur application, 90 de grammaire, 80 d'écoute, 40 de lecture, 0 minute d'oral.
Voilà la machine à café expliquée. La moitié du temps part dans la compétence la plus confortable et la plus facile à mesurer, celle qui fait monter un compteur. La production orale, la seule qui posait problème, n'a jamais reçu une minute en un mois. Aucune impression subjective ne vous aurait donné ce diagnostic ; quatre colonnes remplies à la va-vite, si.
Le support utilisé mérite la même attention : application, manuel, podcast, série, cours, conversation. Deux personnes qui déclarent « faire de l'écoute » n'ont pas la même pratique selon qu'elles écoutent un podcast sans texte ou une série sous-titrée en français. Et si vous notez aussi la difficulté ressentie de 1 à 5, une série de sessions systématiquement cotées 1 ou 2 signale autre chose qu'une bonne progression : vous êtes installé dans ce que vous savez déjà faire.
Une ligne par session, à la fin de la session : la date, la langue, la compétence travaillée, le support, la durée en minutes, le nombre de nouveaux mots rencontrés, la difficulté ressentie, et si vous avez tenu la durée que vous visiez. Trente secondes pendant que le manuel est encore ouvert. C'est la seule habitude à prendre.
Les mots, eux, se notent au moment où ils vous accrochent, avec leur traduction, leur catégorie et surtout une phrase d'exemple. Un mot isolé se réapprend indéfiniment ; le même mot dans une phrase que vous avez entendue se retient. Fixez enfin une cible hebdomadaire écrite quelque part — un volume de minutes, un nombre de mots, un niveau visé à une échéance — sinon vous n'aurez rien à quoi comparer vos chiffres.
Tout le reste doit se calculer seul, sans que vous ayez à rouvrir une calculatrice. C'est ce que fait le tableur Suivi d'Apprentissage d'une Langue : un onglet Sessions, un onglet Vocabulaire, un onglet Objectifs, et un tableau de bord qui affiche le temps total de la semaine, le nombre de sessions du mois, la durée moyenne par session, les jours étudiés dans le mois, les mots acquis et ceux à revoir, sur Excel comme sur Google Sheets, sans abonnement — Suivi d'Apprentissage d'une Langue.
Faites le test ce soir, avant de reprendre quoi que ce soit. Ouvrez un tableau à sept colonnes et reconstituez de mémoire vos sept derniers jours : date, durée, compétence. Si vous n'arrivez pas à retrouver quatre lignes sur sept, vous venez de mesurer votre régularité réelle, et elle n'a rien à voir avec la série affichée par votre application. Dans un mois, la même liste vous dira quelle compétence vous avez enfin arrêté d'éviter.
Suivi du CA, cotisations URSSAF, impôt, plafonds et TVA — calculés automatiquement. Excel + Google Sheets, barème 2026.
Obtenir le tableur →